Jolies mômes, la marque de lingerie raffinée made in Biarritz

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Depuis son atelier au Pays-Basque, la jeune créatrice Alice Pecatte, nous raconte l’histoire de sa ligne, Jolies mômes, la marque de lingerie raffinée made in Biarritz, et comment pas à pas sa petite entreprise grandit et fait sa place dans le monde de la mode.

Avec le temps, des jeunes créateurs sont de plus en plus nombreux à choisir le Pays Basque pour y établir leurs ateliers : vêtements, bijoux, maroquinerie… C’est souvent un choix audacieux et qui mérite vraiment d’être souligné, car ce n’est pas toujours évident d’être loin de la capitale. Aujourd’hui la mode de la Côte Basque n’appartient plus seulement qu’au surf et notre entretien qui suit nous le prouve bien. Les collections Jolies mômes sont imaginées sous le soleil basque et le pari de s’installer dans le paysage de la mode française depuis la côte est en train d’être gagné !

J’ai eu la chance de m’entretenir avec Alice Pecatte fondatrice et créatrice de Jolies mômes, cette jeune marque de lingerie haut de gamme, pour laquelle on ne peut que tomber sous le charme. Les collections sont conçues et fabriquées en France, en petites séries avec des matières nobles : tulle, dentelle leavers de Calais, soie vintage, mousseline…C’est la féminité à l’état pur avec des finitions impeccables et des détails élégants et raffinés. Les jeux de transparences se font autour de kimonos, caracos et autres combishorts. Les séries limitées sont fabriquées à Biarritz et séduisent par leur beauté et leur touché si précieux. Jolies mômes redonne éclat au savoir-faire français et montre qu’il faut croire en soi. Après avoir débuté avec des culottes foulards, taillés dans des chutes de soie, Alice développe son univers et sa marque et a accepté de nous raconter son histoire pour nous faire partager la naissance d’une ligne de mode.

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Alice Pecatte

  1. Quel a été ton premier emploi à la fin de tes études ?

A la fin de ma dernière année à Esmod, lorsque j’ai présenté mon travail devant le jury des examens, se trouvait au sein de ce même jury une personne de la SIL (Société Internationale de Lingerie) qui m’a repéré. Donc alors même que je sortais de l’école j’avais déjà une proposition. Ce fut d’abord un stage qui s’est vite transformé en emploi. La SIL possède de nombreuses licences de grands créateurs sur toute la partie lingerie et maillot de bain. J’ai donc pu me forger une première bonne expérience dans cet univers.

Ensuite, je suis descendue au Pays-Basque qui est surtout connu pour son industrie du Surf. Pendant 5 ans, je suis à peu près passée par toutes les boîtes de surf. J’y ai pas mal travaillé sur les lignes de maillot de bain mais également sur du prêt à porter femme notamment de la maille. Lors de ma période freelance j’ai également fait une ligne de yoga. J’ai pris toutes les expériences qui venaient…

  1. Qu’es ce qui t’as poussé et inspiré pour lancer ta propre ligne ?

Je n’ai pas vraiment démarré dans l’optique de lancer ma ligne. J’avais certes envie depuis toujours d’avoir ma marque mais je ne m’étais pas défini de plan précis ni de moment pour le faire. J’avais déposé le nom de ma marque dès la fin de mes études sans vraiment savoir pour quand se serait. Je savais que ça arriverait un jour, que cela se présenterait. En mars 2012 je n’avais pas d’optique de travail dans la région, j’ai alors commencé à réaliser mes propres modèles. Des pièces uniques que je façonnais avec des dentelles que j’avais accumulées au fil des années. J’ai donc débuté à l’instinct en faisant des ventes par Facebook une fois par semaine. J’ai par la suite participé aux Martines (événement de créateurs sur la Côte Basque, appelé aujourd’hui Quartier Moderne ) et au cours de ce salon les commandes ont commencé et c’est à partir de ce point que j’ai du vraiment entreprendre à penser « collection » avec un suivi fournisseur, un enchainement de pièces et une production.

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  1. Comment s’est passé le lancement de ta première collection ?

Ce fut un petit peu compliqué… Je devais continuer à alimenter la collection tout en pensant à faire sous-traiter ma production car je ne pouvais pas tout faire seule. Il me fallait trouver une organisation pour assurer les commandes. J’ai tout d’abord pris un bureau d’études, Cassy Concept Design qui se trouve à Tarnos afin d’informatiser les patrons car aujourd’hui on ne peut faire que comme ça pour lancer une production. Il n’est plus possible d’utiliser les patrons fait à la main… Ensuite j’ai lancé une production de 170 pièces en France. C’est là que les choses se sont compliquées car les pièces que j’ai reçues étaient tout simplement invendables. Une énorme déception…. C’était raté et j’ai donc du tout produire moi-même. Une dure épreuve mais enrichissante à la fois pour moi et pour les productions à venir. Aujourd’hui je continue à produire les kimonos et pièces de nuit sur place et la corseterie pure est faite en atelier car c’est très long à réaliser surtout en grande quantité. A présent ce sont 700 pièces qui sont en cours de réalisation.

  1. Quelles difficultés rencontres-tu dans la réalisation de ta ligne ?

Outre la perte complète de ma première production et donc de mes matières…. Je dois non seulement faire mon métier de créatrice mais également accomplir 5 ou 6 métiers différents : comptable, gérer les commandes, les factures etc… C’est un apprentissage de chaque jour. Je suis seule à faire tout cela et parfois cela requiert de travailler jour et nuit. Mais c’est ma passion.

De plus je suis très attachée à ce que ma collection soit « française » avec des matières et une production française. Mais en tant que petite entreprise je suis confrontée au minimum de commandes obligatoires pour les matières premières. Au 1er Aout, je vais avoir mon corner aux Galeries Lafayette Haussmann. Les volumes augmentent et tout cela requiert du financement pour relancer chaque collection. Les banques ne suivent pas forcément alors j’ai organisé une collecte sur Kiss kiss bank bank pour récolter des fonds pour développer complètement la nouvelle collection : bureau d’études, photoshoot, matières etc… Le résultat est au delà de mes espérances puisque j’ai dépassé l’objectif souhaité ce qui m’ouvre encore plus de perspectives.

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  1. Quelle a été ta plus belle récompense ?

Je suis seule à gérer toute cette aventure et de voir que ça plait, que les gens croient en moi à travers leurs dons pour la collecte, c’est merveilleux. Au bout de 2 collections je me retrouve à avoir mon corner aux Galeries Lafayette Haussmann, qui va m’apporter une visibilité internationale. Quand on a sa propre boîte on est souvent tenté d’abandonner mais je m’accroche et malgré les galères Jolies Mômes est toujours là. La collecte kiss kiss bank bank a été une bouffée d’énergie et c’est vraiment très gratifiant.

  1. Comment as-tu fait pour te faire connaître, assurer ta promotion ?

J’ai démarré par Facebook et je peux dire que les réseaux sociaux ont été un vrai levier. Tout comme les Martines à Biarritz qui m’ont permis de me faire ma place dans les créateurs locaux. Je n’ai, pour le moment rien démarché mais j’ai pu bénéficier de diverses parutions comme dans Sud-Ouest, Elle, Fashion Mag… Avec mon entrée aux Galeries Lafayette je vais pouvoir bénéficier de leur bureau de presse.

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  1. Quel est le plus gros challenge d’avoir sa propre ligne – entreprise ?

Pour moi c’est de pouvoir en vivre, de pérenniser mon affaire et d’enchainer les collections et ce, avec plus de sérénité.

  1. On dit souvent que la mode se passe à Paris. Ton avis sur la question ?

J’aime vivre au Pays-Basque et je fais travailler l’économie locale. De nombreux créateurs sont ici, il n’y a pas que l’industrie du surf et cela commence enfin à ce savoir. Pour l’instant j’arrive à tout concilier en vivant ici. Je bouge beaucoup pour la collection mais je souhaite vivre ici tant que je peux. Paris c’est tout de même un budget pour y installer un atelier. Mais je pense peut-être à prendre un bureau de presse sur la capitale pour une meilleure visibilité.

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  1. N’est ce pas trop dur pour le sourcing matières, l’approvisionnement ?

C’est sûr que je ne peux rien acheter sur place. C’est toute une organisation lors des salons. Je dois gérer mes stocks et être rigoureuse dans le choix de mes matières. Et c’est également pour ces raisons que je me déplace beaucoup.

       10. Quel futur pour Jolies Mômes ? Comment se passe son développement, la nouvelle collection ?

Mon souhait serait de monter un atelier boutique, ici au Pays Basque. Actuellement, la collection automne hiver 2014 / 2015 que j’ai présenté au dernier Salon International de la lingerie et qui a connu un bon succès part en production dans 2 ateliers différents. 75 % reste en France et le reste est fait dans un atelier à l’Ile Maurice qui est spécialisé dans les jeunes créateurs. Et maintenant je m’attaque à la collection été 2015…

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       11. Une journée typique chez Alice Pecatte ?

Ce sont bien souvent des grosses journées… En ce moment je fais beaucoup de bureau avec emails, contacts avec le bureau d’études, les commandes fournisseurs, l’édition des factures, la partie comptabilité. Mais j’essaie de me réserver 2 jours de couture par semaine, de produire des petites pièces, les culottes foulards etc… C’est ainsi, c’est ma passion…

      12. Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite lancer sa propre ligne ?

Il est primordial de bien s’entourer car lorsque l’on a des soucis c’est important de pouvoir compter sur des proches. Mais surtout ce qu’il faut c’est y croire, donner tout ce qu’on a, travailler avec acharnement. Même si nous sommes entourés par la crise, pour moi, lorsque l’on a un bon concept et qu’on travaille dur ça marche. Il faut avant tout tenter l’aventure pour ne pas avoir de regrets.

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 Jolies mômes en images…

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www.joliesmomes.com

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